Les postures du Bouddha du mardi et leurs histoires
Dans de nombreux temples thaïlandais, les visiteurs voient des statues de Bouddha représentées dans différentes postures pour chaque jour de la semaine. L’image du mardi est celle du Bouddha couché (en thaï : Pang Sai Yat, ปางไสยาสน์), allongé sur le côté droit, la tête appuyée sur la main droite. Dans la tradition thaïlandaise des jours de la semaine, cette statue raconte l’histoire du Bouddha humiliant l’esprit fier Asura Rahu. La même forme allongée dépeint également le passage final du Bouddha, c’est pourquoi il s’agit de la posture la plus mal comprise des sept. Cette page couvre les deux histoires et explique comment les distinguer.

La posture et la scène
Le Bouddha couché est allongé sur le côté droit, la tête soutenue par la main droite, le bras gauche reposant le long du corps et les orteils parfaitement alignés. C’est ce qu’on appelle la posture du lion. Les yeux sont ouverts ou mi-clos, et l’expression est calme et alerte. L’image montre une aisance totale, ni le sommeil ni la mort.
L’histoire derrière la posture du mardi
L’histoire que la tradition thaïlandaise attache au Bouddha du mardi concerne la fierté. Asura Rahu était un esprit géant qui refusait de montrer du respect à quiconque, y compris au Bouddha. Il croyait que sa taille énorme le rendait supérieur et il ne voulait pas s’incliner devant un être plus petit.

Le Bouddha n’a pas discuté. Il s’est simplement fait paraître beaucoup plus grand que Rahu et s’est allongé dans cette position allongée complètement détendue. En regardant le Bouddha qui se dressait au-dessus de lui alors même qu’il était allongé à l’aise, Rahu a compris sa propre fierté pour ce qu’elle était. Il s’est incliné, a accepté l’enseignement et est devenu un disciple.
Le but de l’histoire est que le Bouddha ne s’est jamais levé, n’a jamais élevé la voix et n’a jamais essayé de prouver quoi que ce soit. Une confiance calme a fait tout le travail. C’est pourquoi le Bouddha du mardi est allongé avec les yeux ouverts et une expression sereine.
Note canonique : L’histoire de Rahu provient de la tradition thaïlandaise ultérieure et de l’enseignement des temples, et non du Canon Pāli. C’est l’histoire que vous entendrez dans les temples thaïlandais lorsque vous poserez des questions sur la statue du mardi.
L’autre Bouddha couché : Parinibbāna

C’est ici que la plupart des visiteurs (et de nombreux sites Web) sont confus. La forme allongée dépeint également un deuxième événement distinct : le passage final du Bouddha dans le Parinibbāna près de Kusinārā (aujourd’hui Kushinagar, en Inde), dans un bosquet de sal des Mallas, entre deux arbres sal.
Note sur le terme : Nibbāna (souvent appelé « Nirvana » en français) signifie une libération complète de la souffrance et du cycle de la renaissance. Le Parinibbāna est le Nibbāna final qui survient à la mort pour quelqu’un qui est pleinement éveillé.
Contrairement à l’histoire de Rahu, cet événement est enregistré dans le Canon Pāli, dans le Mahāparinibbāna Sutta. De nombreux bouddhistes s’en souviennent chaque année lors de Visakha Bucha (Vesak), qui commémore la naissance, l’Éveil et le passage final du Bouddha.
Comment distinguer les deux : le Bouddha du mardi (histoire de Rahu) est vivant, avec les yeux ouverts ou mi-clos et la tête appuyée sur la main, alerte et à l’aise. L’image du Parinibbāna montre le passage final, généralement avec les yeux fermés et la tête reposant sur un coussin. Le célèbre Bouddha couché de 46 mètres au Wat Pho à Bangkok dépeint le Parinibbāna. La petite statue allongée étiquetée « mardi » dans la rangée des jours de la semaine d’un temple porte l’histoire de Rahu. Même pose, deux moments différents.
L’enseignement final
Juste avant de passer, le Bouddha a donné un enseignement court et clair, souvent appelé ses derniers mots : « Toutes les choses conditionnées sont sujettes à la décomposition. Efforcez-vous avec vigilance. » (Pāli : « vayadhammā saṅkhārā; appamādena sampādetha. »)
Note sur le terme : « vigilance » (appamāda) signifie ne pas être insouciant, être alerte et responsable dans ce que vous faites. Cela signifie prêter une attention constante à ce qui est sain et utile.
Signification simple : tout ce qui est fait ou né changera et finira. Sachant cela, vivez prudemment et pratiquez avec une attention constante.
Symbolisme (pour les voyageurs)
- Paix intérieure : La posture du mardi montre qu’une confiance calme n’a besoin d’aucune preuve. Le Bouddha a humilié Rahu sans bouger.
- Impermanence : Dans sa lecture du Parinibbāna, la même forme rappelle que la vie change et se termine.
- Composé : La posture du lion sur le côté droit montre la dignité et la conscience, que ce soit face à un géant fier ou au moment final de la vie.
Norme du côté droit (et une exception rare)
Presque toutes les images du Bouddha couché montrent le Bouddha sur son côté droit dans la posture du lion. Une image allongée sur le côté gauche existe dans certaines traditions artistiques d’Asie de l’Est (en particulier japonaises), mais c’est rare et non typique de l’imagerie Theravāda thaïlandaise.
Où vous le verrez
Phuket : Wat Sri Sunthon à Thalang possède le plus grand Bouddha couché de l’île, une statue dorée de 29 mètres dans la posture Pang Sai Yat sur le toit du bâtiment principal, face à la route Thepkrasattri juste au nord du monument des héroïnes. L’image étiquetée du mardi fait également partie de la rangée des jours de la semaine à l’intérieur du Phra Mahathat Chedi au Wat Chalong.

Bangkok : Le Bouddha couché recouvert de feuilles d’or de 46 mètres au Wat Pho est l’exemple le plus célèbre de Thaïlande de la forme couchée, représentant le Parinibbāna.
À travers la Thaïlande : Les grands temples présentent souvent un Bouddha couché, et de nombreuses cours de temples regroupent les sept (ou huit, en comptant le mercredi soir) images des jours de la semaine avec des étiquettes. Cherchez l’étiquette du mardi à côté de la figure couchée.
Pèlerinage en Inde : À Kushinagar, les visiteurs peuvent voir des sites liés au dernier passage du Bouddha, commémoré dans la tradition locale.
Le lieu réel : Kushinagar
Notre pèlerinage s’est terminé là où la vie du Bouddha s’est achevée. Kushinagar, dans le nord de l’Inde, est l’ancienne Kusinārā où il est passé dans le Parinibbāna entre les deux arbres sal, et le temple du Parinirvana se dresse maintenant sur ce lieu, un sanctuaire calme de couleur crème avec les fondations en briques excavées d’anciens monastères tout autour.
À l’intérieur du temple se trouve un Bouddha couché vieux de plus de 1 500 ans, drapé de robes dorées par les pèlerins. Les yeux sont fermés et la tête repose bas. Après avoir vu le Bouddha du mardi dans tant de temples thaïlandais, alerte et appuyé sur une main, la différence est immédiatement claire lorsque vous vous tenez devant celui-ci. Même pose, moment complètement différent.
De tous les endroits que nous avons visités lors du voyage, c’était le plus calme. Des groupes de différents pays se sont relayés à l’intérieur, certains chantant, d’autres restant simplement debout en silence. Personne n’avait besoin d’expliquer ce qu’était cet endroit. L’ambiance le faisait.
Photos du temple de Kushinagar
Aperçu de référence rapide
- Nom anglais : Bouddha couché
- Nom thaï : Pang Sai Yat (ปางไสยาสน์)
- Histoire du mardi : Le Bouddha humilie l’esprit fier Asura Rahu par le calme (tradition thaïlandaise)
- Second sens : La même forme couchée représente également le Parinibbāna, le dernier passage du Bouddha (Canon Pāli, Mahāparinibbāna Sutta)
- Posture : Allongé sur le côté droit, la main droite soutenant la tête ; expression composée
- Comment les distinguer : Bouddha du mardi alerte avec les yeux ouverts et la tête appuyée sur la main ; image du Parinibbāna avec les yeux fermés et la tête sur un coussin
- Dernier enseignement : « Toutes les choses conditionnées sont sujettes à la décomposition. Efforcez-vous avec vigilance. » (Pāli : vayadhammā saṅkhārā ; appamādena sampādetha)
Que signifie être né un mardi ?
Si vous êtes né un mardi, votre Bouddha est le Bouddha couché (Pang Sai Yat), allongé sur le côté droit avec les orteils alignés. Cela rappelle le Bouddha humilier l’esprit fier Asura Rahu par le calme plutôt que par la force. La tradition thaïlandaise associe les personnes nées le mardi au courage, à la détermination et à une nature pratique axée sur l’action. La couleur porte-bonheur est le jaune et la couleur à éviter est le blanc.
Personnalité de naissance du mardi
Si vous êtes né un mardi, les croyances thaïlandaises disent que vous êtes :
- Courageux, déterminé et axé sur l’action
- Susceptible de travailler dans les secteurs des services ou de la sécurité
- Jour de chance : Jeudi
- Jour de malchance : Lundi
- Couleur de chance : Jaune
- Couleur malchanceuse: Blanc
Réflexion finale
La posture du mardi porte deux leçons en une seule forme. De l’histoire de Rahu : la vraie confiance n’a besoin de rien prouver. Du Parinibbāna : rien ne dure, alors utilisez bien votre temps. Lorsque vous voyez un Bouddha couché en Thaïlande, c’est bien plus qu’une statue célèbre. Regardez les yeux et vous saurez quel moment vous observez.
Carte de localisation du temple de Kushinagar
Quel jour êtes-vous né ?
Entrez votre date de naissance pour trouver votre posture de Bouddha et votre couleur porte-bonheur.
Cette date n’existe pas. Veuillez la vérifier.
Les postures de Bouddha pour les jours de la semaine
